Le label
Un label est une structure (société, association, entreprise individuelle) s’occupant de promouvoir des enregistrements sonores. Son activité principale est donc l’édition phonographique. Il est également très courant qu’un label ait une activité de production phonographique, et parfois d’édition musicale. Lorsqu’il englobe ces 3 activités, on dit qu’il agit à 360°.
Le label recherche des talents (artistes, musiciens d’accompagnement, beatmakers, etc.) et les développe en répondant à une identité musicale. C’est une sorte de « marque » qui est le plus souvent associée à un style de musique, voire une esthétique particulière. Cependant, il existe des labels qui opèrent sans préférence de style musical.
Historiquement, les labels étaient des sociétés de production travaillant en amont des maisons de disques. Les premiers produisaient des disques tandis que les secondes les commercialisaient (promotion, distribution). Ensuite, les maisons de disques ont créé leurs propres labels (et par-là leurs propres studios), assurant alors toute la chaîne de production. De nos jours, suivant leurs notoriétés, les labels ont plutôt tendance à dénicher des talents qui ont déjà un fort potentiel et un certain ancrage dans le milieu musical. Parfois même, les maisons de disques récupèrent des « produits finis » provenant de labels indépendants.
Lorsqu’un label n’est pas indépendant, il appartient à une des trois majors (Universal, Sony, Warner). La philosophie est très différente. Tandis qu’une maison de disques peut se permettre de faire un pari sur un artiste pour le développer, et donc miser sur le long terme, le label indépendant, du moins à ses débuts, doit avant tout entrer du chiffre d’affaires. Pour cela, il essaie d’atteindre des artistes déjà implémentés. Il fait signer un projet solide déjà en place pour en assurer la promotion et la diffusion. Il réalise donc une sorte de partenariat avec l’artiste afin d’assurer des ventes.
Voici quelques noms de labels, indépendants ou non, et des artistes qui ont signé chez eux :
- Interscope (Universal Music) : Billie Eilish, Lana Del Rey
- Ninja Tune : Amon Tobin, Bonobo
- Citizen Records : Vitalic, Ippon
- Microqlima : L’impératrice, Isaac Delusion
- Motown (Universal Music) : Stevie Wonder, The Temptations
- Defected : Purple Disco Machine, CamelPhat
- Ed Banger : Justice, Cassius
- Capitol (Universal Music) : ABBA, Aerosmith
- Warner Records (Warner Music) : Linkin Park, Muse
- Columbia (Sony Music) : Adele, Calvin Harris
- Deutsche Grammophon (Universal Music) : Leonard Bernstein, Claudio Abbado
- Harmonia Mundi : Alexandre Tharaud, Trio Wanderer
Que peut-il faire pour vous ?
En tant qu’artiste, il est très difficile de signer chez un label. Avant de démarcher, il est indispensable d’avoir un projet solide déjà en place, avec a minima un EPK, une activité de concerts, une discographie et surtout, une communauté de fans. En effet, le label est un investissseur. Il mise sur un projet qui pourrait lui ramener plus d’argent qu’il n’en dépense. Dans la réalité des labels indépendants, l’investissement est rentabilisé sur quelques artistes (voire un seul) pour compenser l’investissement à perte sur les autres artistes. La plupart du temps, ce n’est pas un artiste qui toque à la porte d’un label mais bien l’inverse. Le label traque les talents (sur les réseaux, dans les studios, lors des concerts, etc.) puis leur propose éventuellement un rendez-vous pour réaliser un premier contact.
Un label peut agir selon un ou plusieurs angles. Il peut vous proposer un contrat de licence pour exploiter une partie de votre catalogue (distribution, promotion). Dans ce cas, il agit en tant qu’éditeur phono. Il peut aussi produire un album (producteur phono) ou/et promouvoir vos œuvres (éditeur musical). De manière générale, le label peut aussi vous accompagner dans votre projet, à le rendre cohérent et à vous informer sur le fonctionnement de l’industrie musicale.
En tant que beatmaker ou instrumentiste, le label peut vous proposer de travailler pour lui sur divers projets contre une rémunération comprenant les prestations et les cessions de droits.
En tant que compositeur ou arrangeur, votre éditeur peut vous mettre en contact avec un label afin que vous puissiez utiliser vos compétences d’écriture au service de différents projets artistiques.
En tant qu’ingénieur son (enregistrement, mixage, mastering), il est très intéressant d’avoir un ou plusieurs labels comme clients réguliers.
Dans tous les cas, l’industrie de la musique est un petit milieu. Si l’on n’est pas assez armé ou qu’on néglige la qualité du travail effectué, notre notoriété est directement impactée. Cela signifie que d’une part le label en question ne fera plus appel à nos services et que d’autre part, d’autres se méfieront potentiellement de nous.
Monter son label ?
Le label de musique dépend de la convention collective de l’édition phonographique et de la production audiovisuelle.
Dans les faits, n’importe qui peut monter son label. Cependant, certaines compétences paraissent indispensables :
- posséder une (très) grande culture musicale
- avoir des bases solides du droit en musique
- savoir gérer une équipe
- avoir une vision sur le long terme
- savoir prendre des risques mesurés
- être à l’aise dans les relations humaines
- avoir un carnet d’adresses de personnes compétentes
Si vous souhaitez monter votre label, il va en effet falloir s’entourer de personnes compétentes dans divers domaines (juridique, technique, marketing, presse, etc.). Connaître un ingénieur son qui est capable de réaliser de bons enregistrements, engager des musiciens fiables ainsi qu’un réalisateur à l’écoute ou un orchestrateur expérimenté peuvent en effet se révéler déterminants quant à la pérennité de l’entreprise. Puisque le label promeut l’artiste pas seulement au niveau musical mais aussi en tant que figure médiatique, il doit travailler son image et faire appel à des photographes, vidéastes, etc.
Le label est une entreprise. En tant que chef de projet (producteur et/ou éditeur), il vous faut assurer sa survie. Avant même de vous lancer, il semble donc indispensable de réaliser une étude de marché, de se mettre en contact avec des distributeurs, de discuter du projet dans notre réseau de connaissances, de préparer des partenariats, etc.
Il faut savoir qu’il existe des aides destinées aux labels. Celles-ci peuvent par exemple provenir du CNM ou de la SCPP. Les subventions forment une partie des revenus du label, aux côtés des ventes de merch et des droits de production (et/ou d’édition).








